Je m'appelle Manon photographe installée en Normandie, plus précisément dans la Manche.
En 2022, j'ai fait un gros burnout. Une sacrée épreuve qui a été très douloureuse qui est venue confirmer mon envie et ma vocation d'accompagner les femmes.
Depuis de nombreuses années, je souffre de TCA (Troubles du comportement alimentaire). En d'autres termes : j'ai peur de manger (je te l'accorde, c'est peu commun).
Le résultat ? J'ai un corps qui correspond aux standards de beauté. Pendant plus de 4 ans, j'ai fait des autoportraits. J'ai photographié ce corps amaigri, je l'ai partagé publiquement.
Le constat ? J'ai montré ma souffrance, ma détresse, j'ai reçu que des compliments...
Dans notre société, on félicite une personne qui maigrit. Mais est-ce qu'on s'interroge sur la raison de cette perte de poids ? (deuil, maladie ou autre).
Suis-je vraiment légitime de me sentir mal dans ma peau alors que "nan mais tu as vu le corps que tu as, j'aimerais bien avoir le même", "beaucoup de femmes doivent t'envier". Voilà ce que j'ai entendu toutes ces années où je ne mangeais pas. Ce corps si "beau" était le résultat de souffrances que je ne souhaite à personne.
La confiance en soi, l'estime que l'on se porte, se sentir bien dans son corps ne dépend pas du chiffre sur la balance et heureusement.
Pendant longtemps je me suis demandé pourquoi j'étais attirée par la photographie du corps. Cela n'était pas pour le glamour ou pour la séduction. C'est parce que j'avais en moi ce besoin de créer un espace de réparation, de lumière et de réconciliation.
Je veux mettre mon expérience personnelle, mon vécu au service des femmes qui me font confiance.
 
selfportrait
 
J’ai commencé les autoportraits il y a plusieurs années, presque par instinct. Mais c’est pendant le confinement que cette pratique a vraiment pris une place essentielle dans ma vie. Privée de travail, j’avais besoin de rester créative. L’autoportrait est alors devenu un terrain d’expérimentation, mais également un exutoire.
Au départ, je travaillais exclusivement en clair-obscur. Cette lumière que j’aime tellement dont le jeu d’ombre et lumière sublime les courbes du corps. Elle permet de suggérer sans montrer, et donc de conserver un peu de mystère.
En 2022, un burn out m’a contrainte à mettre en pause mon activité de photographe. Mais je n’ai jamais pu – ni voulu – arrêter la photo. Alors j’ai continué à créer des autoportraits mais en testant d’autres éclairages, d’autres thèmes, d’autres ambiances. Chaque semaine, une nouvelle série. Chaque série, une nouvelle facette. Cette régularité m’a tenue debout, et m’a permis d’approfondir une relation plus intime avec mon propre corps et à le découvrir sous tous les angles.
L’autoportrait c’est un moment si particulier, un rendez-vous avec soi même ❤